Accueil du site > Découvrir Romillé > Un monument pour une génération

Un monument pour une génération sacrifiée

Contenu de la page : Un monument pour une génération sacrifiée

Ils sont 122 dont les noms figurent sur le monument aux morts de notre commune, 122 jeunes hommes « morts pour le France » au cours de l’atroce guerre de 14- 18 ; le plus jeune, Alexandre LEMETAYER, de Bourgnouveau, n’avait que vingt ans et demi quand il tomba à Verdun en août 18. Certains partirent pour le front dès les premiers jours d’août 1914 (1) et sept d’entre eux périrent ce même mois dont quatre le 22 dans les Ardennes belges lors de la journée la plus meurtrière de toute la guerre : Alexandre DUBOIS, 21 ans, Célestin LEMETAYER, 24 ans, Victor LEROUX, 23 ans, et Joseph FONTAINE, 22 ans, dont les deux frères Jean et Léon seront aussi tués en 1915 dans le Pas- de- Calais et dans la Marne. Ainsi, cette famille FONTAINE, de Ranhé, sera la plus cruellement touchée de la commune mais douze autres familles perdront, elles, deux enfants, les ANGOT des Mardelles, ANGOT, de la Poulnais, AUBERT, des Brieux, BAUDAIS, du bourg, BECOT, de la Haute Cage, DUBOIS, de la Laussardais, LECHAUX, de Launay St Pern, LEMETAYER, du Petit Bouquillé, LIMOU, de la Ville Mahé, PERSEHAYE, du Placis Riffault, PIRON, des Ruisseaux, VILANON, du Placis Rouault. Cette journée du 22 août verra une véritable hécatombe : 27.000 soldats tomberont dont 829 d’Ille-et-Vilaine.(2) Nombreux sont ceux qui, malheureusement encore, laisseront leur vie sur les champs de bataille de la Meuse comme Pierre BELLIER, de Ménéhild, Auguste COCHERIE, de Quinfromel , Célestin DENOT de la Ville douce, ou dans l’Aisne comme le curé Jean CHEVILLON et Alexandre COLLIAUX, du bourg, ou aussi dans la Marne le capitaine Paul de l’ESTOILE, légion d’honneur et croix de guerre, natif de la Chauvrais, Louis GEFFROY, des Champs plats, et puis dans la Somme Mathurin ALIX de Launay Pigeon, François LEMOINE des Frotz voire en Serbie comme Eugène Baudrier, de la Rabine, et bien d’autres encore.

Tous nos « poilus » ne reposent pas en leur terre d’origine : certains sont enterrés dans des nécropoles nationales comme Auguste ALIX, à Souain dans la Marne tombe 994 ou Eugène BARBIER, tué aux Eparges en 1914, tombe 13450 à Douaumont, et Pierre BAUDAIS, tombe 601, à Auberive, Marie JARY, de la lande Besnerais, tombe 19, dans la nécropole « la Fontenelle » à Ban-de-Sapt dans les Vosges.

Après la grande tuerie les monuments érigés dans toutes les communes de France rappelleront l’immense sacrifice consenti par les soldats. A Romillé c’est le conseil municipal du 12 juin 1919 qui décidera de « voter la somme de 1500 francs pour élever un monument à la mémoire des soldats de la commune morts au champ d’honneur pendant le cours de la campagne de 1914 à 1918 » (3) Le conseil ouvrira aussi une souscription pour l’érection de ce monument. Les élus de la commune donneront leur approbation le 29 août 1920 aux plans et devis présentés par les frères Huchet, marbriers de Romillé, retenus pour la réalisation de l’ouvrage. Le monument qui, à l’origine, devait être érigé dans l’allée centrale du cimetière s’élèvera près de la Mairie.

Un an après, le 21 août 1921, l’inauguration officielle donnera lieu à une grande cérémonie, en présence bien sûr de nombreuses personnalités, cérémonie que relatera, sur une colonne, le correspondant du quotidien« Ouest-Eclair », dans l’édition du lendemain.

Vous qui passez devant notre monument ayez toujours une pensée pour nos jeunes sacrifiés et maudissez aussi les responsables de cette guerre et des autres. (4)

R.CORRE pour AMPARO

(1) Ordre de mobilisation générale le 2 août 1914 (2) Plus de 29.200 morts d’I-et-V. durant le conflit (3) Extraits du compte rendu du conseil du 12 juin 1919 (4) 4 tués en 39-47 inscrits sur le monument côté sud